Ouvert au grand public !

Mot d'Éric Bédard

Président d’honneur du 2e Salon des auteurs en généalogie et en histoire

Eric Bédard, historienJe me revois encore à l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis, en plein cœur de notre beau Quartier latin. La collection nationale, soit tous les livres écrits depuis les débuts de la Nouvelle-France, était disponible aux chercheurs pour consultation. L’écrin de notre mémoire collective est une mine d’or pour un doctorant. Comme je vivais tout près, j’y passais mes journées. Pendant au moins un an, presque tous les jours, j’ai fréquenté ce haut lieu du savoir.

Autour de moi, quelques chercheurs universitaires qui, à l’occasion, venaient cueillir une information précise dans un volume rare. Des clochards aussi, qui déambulaient distraitement dans les rangées. À peine avaient-ils eu le temps de tourner la page d’un dictionnaire trouvé au hasard qu’ils tombaient de sommeil. Rien là de surprenant : cette bibliothèque était un oasis de paix au milieu de la frénésie urbaine. Ces dormeurs impénitents ne gênaient personne.

En fait, ceux qui fréquentaient assidûment cette bibliothèque, c’était surtout des généalogistes et des amateurs d’histoire. Ils arrivaient souvent à la même heure que moi et partaient après la dernière fermeture des lumières. Souvent des retraités qui consacraient enfin tous leurs temps libres à cette passion dévorante et contagieuse. Je les voyais parfois luncher ensemble. Je les imaginais partager leurs découvertes.

Ces femmes et ces hommes n’avaient pas choisi de faire de l’histoire une carrière. Mais comme pour moi, qui abordais la trentaine, ces recherches étaient une quête personnelle.

Une quête de connaissances, bien sûr. Comme l’expliquait un jour Marcel Trudel à un jeune disciple, connaître est un plaisir en soi. On étudie le passé comme d’autres apprennent une langue étrangère. Parce qu’ouvrir ses horizons, découvrir un univers qui nous est étranger procurent une intense satisfaction.

Mais cette quête, cela allait de soi, était aussi identitaire. Ces femmes et ces hommes cherchaient comme moi à mieux connaître les ancêtres qui les avaient précédés, à retracer le fil de leurs origines. Ce lien filial et affectif au passé est probablement le plus puissant qui soit. Peut-être le plus noble aussi. Il explique bien des heures de lecture, le dur labeur des patientes recherches. Mais quel bonheur lorsqu’après beaucoup de travail, on a le sentiment de savoir un peu mieux d’où l’on vient…

Ce sont tous ces passionnés qui se retrouveront lors de ce 2e Salon des auteurs en généalogie et en histoire.